
Le silence entre les images
Il n’est pas étonnant que je ne puisse pas réfléchir à ce que mon esprit veut dire, quand je regarde dans le viseur, ou que je cherche un moment, le silence me ramène à la maison, le bruit disparaît, il n’y a plus de séparation, et tout semble entier.
On ne peut pas décrire avec des mots ce qui se passe dans le corps ; ce n’est pas un acte conscient, ce n’est pas quelque chose que l’on peut simplement décrire, avec les intentions les plus affectueuses. C’est un savoir, c’est un espace dans l’espace, un son dans le son, c’est en quelque sorte une essence innée qui réside en chacun de nous.
Déconnectez-vous pour vous reconnecter, dissolvez-vous pour vous résoudre, et la montagne fait cela. La photographie vous possède, elle vous déchiquette, vous montre l’ego et les désirs les plus profonds de votre âme, puis vous reconstruit, brique par brique, cellule par cellule, moment après moment.
Et soudain, sans autre explication, quelque chose d’éternel naît de ces maux, quelque chose d’unique, de spécial, d’un autre monde.
Il n’y a plus d’urgence, plus rien à prouver, plus rien d’autre à être, car ce moment en lui-même prouve sans prouver, et délivre avec passion et cette tendre vague de… bienvenue à la maison.
L’immobilité s’est installée, à l’extérieur, dans ce monde bourdonnant, où tout le reste est inconscient, et l’immobilité surgit, profondément enracinée dans l’espace du cœur, se réfractant vers l’univers entier.
Un clic, un flash, une capture, et pour certains, un souvenir, au-delà du moment.
