
Un espace de l’inconnu
Peu importe qui vous êtes, ce que vous avez fait, ce que vous avez accompli, la richesse que vous avez créée pour vous-même ou pour les autres, ou le fait d’avoir fait ce que vous ou la société pourriez considérer comme « ne rien faire ».
Rien de tout cela n’a d’importance pour la vie, pour la nature, pour la planète, pour le système galactique, car nous ne faisons que passer, et notre création, en tant qu’êtres, est tout ce qui compte.
Nous venons, nous partons, nous vivons, nous explorons et nous mourons, et pendant ce merveilleux processus que l’on appelle la vie, nous donnons vie à quelque chose, des projets naissent, des idées jaillissent et prennent vie, nous nous émerveillons, nous réfléchissons, nous pensons et nous surpensons, puis nous trouvons une autre idée, quelque chose que nous pourrions aimer faire, créer, construire, dire, chanter, jouer…
Les idées, les passions, les inventions et bien d’autres choses encore proviennent du simple état d’être, et de cet inconnu, tout compte, mais en même temps, ce n’est pas le cas. À partir d’un espace de création, nous créons, à partir du vide, nous remplissons, à partir de la page blanche, nous nous opposons à la totalité du projet achevé, et à partir de notre espace d’incrédulité, parfois, nous ne faisons que créer de l’art.
La vie elle-même est création, et au sein de cette création, nous prenons vie, la vie au sein de la vie, et au sein de notre vie, nous créons, constamment, nous parlons aux autres et leur permettons de créer à partir de leur bulle de vie aussi, et nous le faisons, encore et encore, plus profondément et plus largement, des bulles au sein de bulles, au sein de bulles, toutes entrelacées.
La leçon la plus difficile dans la création est d’aimer nos projets si profondément que nous ne cherchons pas à les retenir, ni à les contrôler, ni à avoir un résultat spécifique pour eux.
Bien que cela puisse sembler un peu étrange, nous pouvons nous identifier aux relations, à l’amour, à la vie, aux mystères, où nous cherchons la reconnaissance, à être vus, entendus, validés, mais pour que tout cela se produise, la seule façon est de ne pas chercher, ou de permettre que cela se déroule simplement, de nos propres yeux, de vivre ce moment de bonheur pur et incroyable.
Ce moment où la vie prend le dessus, et de ce point de vue, peut nous anéantir, ainsi que nous porter à travers. Il n’y a pas de manque d’amour dans l’évolution, il n’est pas nécessaire de faire quoi que ce soit, de terminer quoi que ce soit, de réussir, de résister, d’être quoi que ce soit.
La vie est acceptation, amour et attention profonde, et à travers notre façon unique d’être, de voir, de ressentir, d’exprimer, de vivre, nous apportons cette nouvelle perspective au monde, sans effort, magnifiquement, de la manière la plus équanime qui soit.
À la vie elle-même, au-delà des moments.
